Ouverture Slam & Eve, mercredi 6 novembre 2019

Le projet livre et documentaire est ambitieux, et nécessaire. Depuis 2018 nous avons interviewé et échangé avec 13 slameuses partout en Afrique. Et on a découvert la force du slam pour dire des mots qui influencent la société et changent les idées sur les relations entre femmes et hommes. Ces slameuses, toutes jeunes, ont pris la parole, les mots comme un outil pour lutter pour la femme en Afrique et dans le monde. Une lutte qui est malheureusement toujours nécessaire. Dans leurs textes, l’expression artistique rencontre le regard critique et l’analyse intellectuelle.

Le titre de notre projet est Ma relation avec les mots – Slameuses: les intellectuelles féminines de l’Afrique

Pour montrer comment les mots ont la force et le pouvoir je cite cinq slameuses avec qui on a eu des entretiens pendant la coupe de l’Afrique de slam en 2018: ‘Le monde a changé, je n’ai pas des enfants et être seule comme femme ce n’est pas un problème’. Amee de la Côte d’Ivoire, ne regrette pas du tout la vie de sa mère qui était ménagère, mais elle ‘pourrait faire plus’. L’indépendance de la femme est importante, même cruciale pour se développer, donc avoir ton boulot pour ne pas tomber dans les mains de ceux qui t’escroquent, est la première des choses.  

‘Si j’écris c’est pour dire, hé… Il y a un problème. Parce que souvent il y a des gens qui ne savent même pas qu’il y a ce problème!’ Il faut donc réveiller les gens; et en le disant Lydol du Cameroun relève que les mots peuvent réveiller le monde. ‘Politique, amour et voilà, les femmes; je suis une femme et je veux écrire sur les femmes’, Meriem d’Algérie, ne cesse de rappeler qu’il y a un conflit identitaire pour la femme créé par la société, qui l’interdit la liberté, mais pourquoi? Il faut qu’on essaye d’en échapper!

‘J’écris pour exister; pour parler de la politique, de l’Afrique, je ne sais pas (…) je fais de la poésie, pour d’abord moi-même(…)’, Fatine du Maroc veut dire, qui aide soi-même on aide les autres.

Quant à Huguette du Burundi le slam: ‘C’est une arme, pas cette arme qui détruit, mais l’arme qui construit’.

Ces citations montrent la force émancipatoire de cet art. Les plumes des femmes qui ne se taisent pas sur elle-même et qui mettent des points d’interrogation: quelle est la place de la femme en Afrique ? Les réponses sont certes multiples, et les questions seront diverses, mais il est clair que pour la femme il reste à se découvrir elle-même et d’oser de se révolutionner ; pas seulement en Afrique, mais partout dans le monde.

Pendant cette semaine nous allons travailler ensemble pour finaliser notre projet du livre ‘ma relation avec les mots’, qui doit être porter par les femmes et qui ouvrira des portes de liberté pour la femme dans les sociétés toujours trop patriarcales.