Du moment où le monde entier a les larmes pour pleurer ses morts sans compter dû au coronavirus, la secte islamique Boko Haram a frappé de plein fouet l’armée tchadienne, la plus puissante de la région. Même scène pour des attaques au Mali. Le Niger et le Burkina-Faso restent des proies aux attaques djihadistes.

Quelques semaines après l’enlèvement du chef de fil de l’opposition malienne en pleine campagne législative, un sous-préfet malien et deux autres personnes ont été tuées par l’explosion d’une mine dans le centre du pays ce jeudi 9 avril. Théâtre de nombreuses heurtes, les groupes djihadistes, non contents les uns des autres se livrent à de batailles sur le leadership parce-que chaque groupe veut reigner en maître occasionnant plusieurs pertes en vies humaines au Mali. Ces attaques répétitives se poursuivent tout au long du Sahel, tel que la dernière en date au Burkina Faso où 43 personnes ont péri dans une attaque djihadiste en début du mois de mars. Entre temps le défi actuel dans le Sahel reste la lutte contre le COVID-19. Ces attaques sporadiques obligent les autorités du Sahel fortement en manque de moyens militaires et stratégiques de rester sur leur aguet.

Profitant de cette situation de crise sanitaire avec la peur et la psychose de la pandémie qui a envahi le pays, la secte islamique Boko Haram a pris le dessus sur l’armée tchadienne lors d’une attaque dans une base militaire à Bohoma dans le Lac Tchad le 23 mars dernier. Considérée comme l’une des attaques la plus meurtrière, jamais connue par l’armée tchadienne, plus d’une centaine de militaires tchadiens ont été tués, plongeant ainsi le Tchad dans un grand désarroi. Cependant, la riposte de l’armée tchadienne ne s’est pas fait attendre. Les djihadistes ont été traqués dans la région du Lac Tchad jusqu’à les pays limitrophes du Tchad (Niger, Nigéria). « Un millier de jihadistes ont été tués », selon le porte-parole de l’armée tchadienne, à la même source de poursuivre : « Déployée le 31 mars, l’armée tchadienne a achevé son opération le mercredi, chassé les djihadistes de son sol et se trouve en profondeur sur le territoire du Niger et du Nigéria, en attendant que leurs troupes prennent le relais », a confié le Colonel Azem Bermendoa Agouna, par ailleurs porte-parole de l’armée. En termes de bilan chiffré, « 1.000  djihadistes ont été tués, 50 pirogues motorisées détruites », dit-il à la presse ce jeudi 9 avril. Du côté gouvernemental, le porte-parole de l’armée tchadienne déplore la mort de 52 militaires tchadiens pendant cette opération.

Cette opération de ratissage dite ‘Colère de Bohoma’ a été dirigée par  le président tchadien Idriss Deby lui-même qui affirme qu’il n’y a plus « un seul djihadiste sur l’ensemble de la zone insulaire », une zone regroupant le Niger, le Nigéria et le Cameroun. Idriss Deby de poursuivre lors d’un passage à la télévision nationale Tchadienne : « Le Tchad est seul à supporter tout le poids de la guerre contre Boko Haram », se plaint le président tchadien.

Idriss Deby, de retour à N’Djamena après l’opération ‘Colère de Bohoma’ annonce le retrait des troupes militaires tchadiennes à l’extérieur de ses frontières (Niger, Nigéria, Mali, Cameroun…) dans la lutte contre le terrorisme. Cette annonce a été salutaire au Tchad car l’intervention des troupes militaires tchadiennes à l’extérieur de ses frontières est sujet à polémique dans le pays ne faisant pas l’unanimité. Mais dans les pays où l’armée tchadienne intervient, les conséquences seront sans doute désastreuses, puisque certains jusque-là ont du mal à protéger leurs frontières. L’on se demande donc, comment le Sahel pourra se prendre pour faire face à deux guerres, l’une contre les éternels djihadistes et l’autre contre le COVID-19 ?