Plusieurs mouvements, partis ainsi que de nombreuses personnes réclament la démission du président actuel au Mali. Afin d’apaiser les tensions, la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a entamé une médiatisation. Chercheur et coach en blogging pour le compte de Voice4Thought Académie, Kibili Demba Sissoko, à travers cet article donne son point de vue sur la situation que traverse le Mali.

Elu président de la République du Mali en 2013 avec un vrai plébiscite Ibrahim Boubacar KEITA (IBK) était vu comme l’homme providentiel qui pourra sortir le Mali de la crise multidimensionnelle à laquelle le pays y était depuis janvier 2012. Après 5 ans de gestion calamiteuse où le laisser aller est devenu monnaie courante, la corruption à connus un seuil historique ou la gestion du pays est devenu une affaire de clan. Avec un bilan désastreux, les lanceurs d’alerte pensaient qu’avec la présidentielle de 2018 la population malienne ferait un vote de sanction, nonobstant dans un pays où 67 % de la population est analphabète la question du vote de sanction n’est pas une réalité plausible, car la plupart des maliens lambda à toutes les peines du monde pour joindre les deux bouts, ce qui fait qu’au moment des élections l’achat des consciences est devenu le maître des politiciens. En plus de tous ces phénomènes sociaux, la présidentielle de 2018 a été émaillé de fraudes massives des deux camps.

Si IBK avait été plébiscité en 2013, il a eu tout le mal du monde 5 ans plus tard ce qui a envenimé les choses entre l’opposition et le parti au pouvoir. En plus des frustrations aux élections présidentielles, les législatives ont été annonciatrices des grognes sociales dont le pays fait face actuellement, des députés spoliées de leurs victoires dans plusieurs circonscriptions électorales du Mali, des arrangements au profit des candidats du parti au pouvoir a jeté un vrai discrédit au pouvoir actuel. La grogne sociale est devenu une vraie défiance vis-à-vis du pouvoir des manifestations au départ pacifique est devenu violente vers la mi-juillet.

Vu que la situation s’est envenimé, certains chefs d’état de la sous-région ont jugés important de se rendre à Bamako pour une conciliation entre le président, démocratiquement élu et le mouvement du 5 juin : rassemblement des forces républicaines (M5 RFP). Auparavant avec un gouvernement d’union nationale, les tacites de l’opposition acceptaient des postes ministériels contre le silence, toutefois, on voit maintenant que cette proposition n’est plus d’actualité.

Des alliées d’hier devenus des opposants farouches en l’espace de 5 ans, doit interpeller la classe politique. En effet, s’allier à des chefs religieux et de cultes ne présage pas un succès pour la gestion du pays et c’est ce qui se passe actuellement avec le pouvoir de Mr Ibrahim Boubacar KEITA.

Comment un pouvoir en place peut tirer sur sa propre population ?

Lors des récentes manifestations à Bamako, des forces de l’ordre, au lieu de mettre de « l’ordre », ont plutôt tirés sur certains manifestants. De nombreux blessés et des pertes en vie humaine ont été constatés. Cependant, il nous faut nous poser la question à savoir si nous sommes un pays démocratique ? Certes, le M5 RFP a décidé d’observer une trêve due à la fête de tabaski qui aura lieu le 30 juillet 2020, mais concrètement quelles peuvent être les issues de cette crise ?

La démission du chef de l’état actuel, serait-elle la solution ?

En moins d’une décennie, le problème sécuritaire est devenu quelque chose de grave. Si au début, Kidal cristallisait les maliens, l’insécurité est devenu le quotidien des maliens. Ni Bamako, ni les capitales régionales ne sont sécurisés. Une armée mal équipée, démoralisée et qui est laissé à elle-même, n’a plus confiance en elle-même ! Des soldats tombent chaque jour sur le champ de bataille. Le président de la République est fragilisé, pas de gouvernement depuis plus de 40 jours, une assemblée nationale inopérante, une cour constitutionnelle dissout par le président, une vraie cacophonie au sein des différents pouvoirs au Mali.

En somme, la solution ne peut venir que des maliens eux-mêmes. Un grand pays comme Mali, avec une histoire gigantesque devient hélas la risée de ses voisins. Le dialogue rien que le dialogue avec une totale franchise, ne serait-elle pas la solution à cette crise ?