Suite à des recherches dans nos zones d’intervention, de nombreuses communes dans les cercles de Douentza et Bankass sont objet de problèmes de pénurie d’eau.

Depuis 2015, les populations des terroirs de Seno, de la plaine et des falaises qui regroupent l’ensemble des cercles de Bankass, Bandiagara, Douentza et Koro sont en proie d’instabilité pour des raisons d’attaques dues à crise interethnique. Cette instabilité a entraîné son lot de déplacés de tout bord avec des villages entièrement décimés, des familles dispersées. 

En mai 2019, l’union des jeunes de cette zone appelée collectif des associations des jeunes du Pays Dogon (CAJPD) alertait sur la perturbation des hivernages des trois dernières années dans 42 Communes de la zone avec des déplacés répartis entre 46 communes. A l’époque, le collectif a fait mention de 860 points d’eau qui ne sont plus fonctionnels dans les cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro. Avec l’évolution de la situation d’insécurité, ces chiffres ne font que grimper en fragilisant davantage la capacité de résilience de la population. Il en va ainsi non seulement pour le problème d’eau potable, mais aussi le cas des eaux d’usage pour les activités socio-économique. L’eau joue un rôle important dans l’agriculture, l’une des principales activités de ces localités.

Ainsi à Bankass comme à Douentza, les jeunes de Voice4Thought Académie (V4TA) ont pu s’enquérir de certaines réalités liées aux problèmes d’eau dans les villages.  

Comme dans beaucoup de terroirs au Mali, l’activité économique de ces terroirs est basée sur l’agriculture, l’élevage et le commerce. Après les périodes des récoltes, les populations surtout féminines pratiquent le jardinage. Alors que la situation pluviométrique se caractérise par tarissement rapide des eaux. « Pendant l’hivernage, nous sommes  confrontés à l’insuffisance de pluies, aux attaques de criquets pèlerins ainsi que des insectes. Après la saison des pluies, nous faisons le jardinage afin gagner de quoi se dépanner et subvenir à nos besoins », expliquent Issa et Fatouma TOGO, cultivateurs et jardiniers à Bankass. Les cultivateurs de ces zones justifient le jardinage par le fait qu’ils sont très souvent confrontés à l’insuffisance alimentaire. « Pour m’en sortir, après la saison des pluies, au lieu de rester là, les mains croisées, je fais du  jardinage », se justifie, Amadou LOUGUE, cultivateur à Bankass. 

Malheureusement, ces jardiniers sont confrontés à des difficultés, notamment l’insuffisance d’eau qui les empêchent de mieux arroser leurs jardins. 

Cependant, des endroits où se trouvent des fontaines d’eau à usage publiques, semblent ne pas faire leurs affaires. En raison du fait ils sont obligés d’utiliser l’eau de ces dernières et payer la facture à la fin du mois. Selon Amadou S TOGO, à Kani Bozon, il existe des châteaux mais la quantité d’eau est insuffisante pour la population.

La situation devient encore plus alarmante lorsqu’il s’agit des villages reculés. Ainsi à Sabloulo, un petit village de la commune de Koubel Koundia dans le cercle de Douentza. « Notre grande difficulté et pas la moindre, est l’eau. Nous n’avons pas d’eau. Nous n’avons pas de pompe ni de puits et notre seule source d’eau c’est le marigot qui va bientôt tarir et bonjour les difficultés de la vie jusqu’à l’hivernage …nous sommes pauvres et en plus d’être dans un petit village reculé dans une commune reculée, les autorités s’en fichent de leurs populations, de nous », se plaint Aissata.T, mariée et mère de 6 enfants. 

Selon Sidiki LOUGUE, cultivateur à Dimbal dans le cercle de Bankass, l’accroissement de la population ainsi que la migration des déplacés serait le facteur majeur de l’insuffisance d’eau qui ne cesse d’augmenter chaque jour un peu plus dans sa localité.

Il est très urgent que les autorités compétentes fassent de la question des eaux une priorité dans ces zones.  « Nous sollicitons l’appui des ONG pour un peu diminuer ce problème d’eau », demande Yessa TOGO, riverain de la commune de Kani Bozon.

Ce problème d’eau n’est pas que pour ces zone évoquées, plusieurs d’autres localités, dont nos sites d’intervention Macina et Bougouni feront l’objet de nos prochaines éditions.