Kinshasa est l’épicentre de corona en RDC. Cette ville de plus 10.000.000 d’habitants connait, ce jour une ambiance non habituelle de l’histoire, depuis que cette pandémie a fait son apparition.

Des conséquences humanitaires qu’ont entrainées cette maladie donnent lieu à décisions responsables. C’est dans le souci de protéger les kinois et de stopper la propagation de la pandémie qu’une sensibilisation se fait à travers la ville. L’Etat d’urgence sanitaire est déclaré, le Président de la République décide : la fermeture des bars, bistros, boites de nuit, casinos… rassemblement interdit de plus de 20 personnes à travers le pays, les cultes y compris. Pourtant, c’est dans cette ville cosmopolite que se passent l’ambiance et les affaires.

Les chiffres avancés au quotidien par l’équipe de communication de riposte ne favorisent pas une meilleure cohabitation entre les Kinois dans les lieux de réjouissance. Ils ont du mal à vivre dans une ville sans ambiance et dans un état d’urgence fade. Eux, qui sont habitués à se retrouver seul ou en amis autour de la bière dans des terrasses avec des musiques chaudes pour la plupart.

Alors, ils multiplient des stratagèmes et s’adaptent petit-à-petit à un nouveau rythme de vie loin des tintamarres ou des bruits de tout genre, la journée comme la nuit. « Les bars sont fermés mais les kinois boivent » s’exclame une dame. Les tenanciers des bars ont trouvé une manière de contourner cette décision. Dans des terrasses, ils appliquent la méthode « Na kiyanda » qui veut dire « en cachette ». Les clients s’organisent en groupe de 3 ou 5 et prennent de la bière sans table et déposent les bouteilles au sol comme « les leviers de vitesse ». Chacun avec son masque à la main ou sous le menton, prend sa bière et mange des cabris.

A Matonge/quartier d’ambiance, ce sont des tenanciers de bar qui transforment les parkings, leurs parcelles et/ou maison d’habitation en bar. N’y entre que celui qui veut s’abreuver. Face à ce comportement, le gouverneur de la ville Gentiny Ngobila déclare être déjà au courant du phénomène « levier de vitesse / na Kiyanda» et instruit le commandant de la ville, le Général Kasongo de s’en occuper. Tâche difficile car dans plusieurs terrasses de la ville, on y retrouve aussi des autorités civiles et militaires qui prennent leurs bières « na kiyanda ».