Le Burkina Faso fait face depuis le 9 mars dernier, à la pandémie du Covid-19 avec la détection et l’annonce officielle de deux cas. Depuis lors, les autorités burkinabé ont multiplié les mesures pour contenir la maladie tout en tenant compte de la sociologie et du niveau du tissu économique de ce pays sahélien où plus de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour.

 De manière illustrative, le chef de l’état burkinabè a imposé une limitation des libertés allant d’un couvre-feux de 19h GMT à 05h GMT (allégé plus tard) à la fermeture de plusieurs centres commerciaux dont les principaux marchés dans les grandes agglomérations, l’interdiction des voyages interurbains et hors du pays.

Autant de mesures qui, selon les premiers responsables de la santé, ont permis une maitrise des taux de contamination et d’atteindre un pic sans franchir le cap des 600 cas sur l’ensemble du territoire. « Nous avons atteint le pic dans la période du 6 et le 12 avril, et la tendance est à la décroissance des chiffres », a indiqué le coordonnateur du comité de riposte, le Dr Brice Bicaba dans un point de presse le 1er mai à Ouagadougou.

Dans la même journée, le coordonnateur indiquait que les autorités sanitaires prévoyaient élargir les dépistages aux personnes contacts et les personnes hémodialysées, multiplier le nombre de sites d’hospitalisation, la prise en charge psychologique des malades. Mais au niveau politique et social, l’annonce de la situation de décroissance a entrainé la montée d’une certaine opinion qui réclamait le rétablissement ou l’allègement des mesures restrictives.

Dans la capitale burkinabè, plusieurs manifestations se sont signalées pour surtout solliciter la reprise des activités économique comme l’ouverture des centres commerciaux et le rétablissement du transport interurbain, collectif ou non. Et ce fut fait. A la date du 6 mai 2020, l’on peut dire que les burkinabè ont repris le cours normal de la vie, après plusieurs semaines de vie au minima. En effet, les transports sont rétablis, les marchés reçoivent à nouveau leur monde, les débits de boissons se remettent à fonctionner (même si pour ces derniers, le date officielle d’ouverture est fixée au 15 mai par les autorités).

Toutefois, plusieurs acteurs aussi bien du milieu sanitaire que politique sont unanimes que la levée de certaines mesures peut constituer une source d’inquiétude quand à la résurgence de la maladie.  Et les chiffres des trois derniers jours semblent conforter l’inquiétude. En effet, après une stabilité à 3 cas entre le 1ermai et le 3 mai ; le Burkina connait une remontée de ses chiffres qui sont passé à 10 sur deux jours. Le chef du gouvernement, dans une interview accordée aux médias public le 05 mai ; a indiqué que « la baisse des chiffres n’est pas synonyme de fin de la maladie au Burkina ». Il a d’ailleurs insisté sur la poursuite du respect des gestes de base et surtout le port obligatoire du masque qui reste toujours en vigueur.

A la date du 05 mai 2020, 729 cas ont été confirmés au Burkina avec plus de 500 guérisons à la même date.