Alerte de WhatsApp concernant une attaque en cours dans le centre du Mali, février 2020

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Silenced

Je suis resté silencieux sur ce blog pendant près d’un an. Un silence partagé avec mes collègues chercheurs du Sahel. Comment expliquer ce silence ? Sommes-nous confrontés à des situations pour lesquelles nous n’avons pas de mots ? Les chercheurs du Sahel sont confrontés à une raison vitale. Ils sont littéralement réduits au silence. S’exprimer risque d’être réprimandé, d’avoir des difficultés dans la vie ou, pire encore, d’être arrêté. Pour les personnes sur lesquelles je pourrais écrire, je dois être très prudent. Ceux qui partagent des informations sont en danger au Sahel, ciblés de différents côtés. La mort récente et très triste de Sadou Yehia Banandi, après qu’il ait accordé une interview à France 24 sur la situation dans sa région, est peut-être exemplaire. Il a été filmé sans couverture. Les médias ne peuvent pas nier leur responsabilité.

La mort de Sadou montre les risques qui sont en jeu. Mais les risques ne viennent pas seulement des groupes djihadistes. Les États nationaux font de plus en plus d’efforts pour surveiller les voix qui s’expriment ouvertement. C’est aussi un avertissement : le partage d’informations dans les zones de guerre n’est pas sans risque, surtout pour ceux qui en sont les « sources ».

Je ne partagerai donc pas les biographies, les entretiens directs ou les rapports détaillés avec les noms de ceux qui ont donné les informations. Les bibliographies et les images deviennent des armes pour ceux qui veulent faire craindre leur pouvoir aux autres. Je tiens cependant à partager mes profondes inquiétudes pour le Sahel. Dans cette courte note, je partage des informations du Cameroun et du Mali/Burkina-Faso.

Violence

La plus grande inquiétude est l’énorme augmentation de la violence depuis janvier 2020. Déjà en 2019, la région Niger-BF-Mali a compté 4000 morts, dont 1800 au Burkina-Faso. Dans la période antérieure à 2012, ce chiffre était de 770. Au Cameroun anglophone, depuis 2017, au moins 3000 personnes ont été tuées. Dans le nord du Cameroun, Boko Haram a également pris la vie d’au moins 250 civils en 2019.Le 14 février est un jour qui ne sera pas oublié. Ogossagou, un village du Mali où plus de 160 personnes ont été tuées le 23 mars 2019, a été attaqué à nouveau et le nombre de morts dépasse officieusement les 40. L’explication de la deuxième attaque se trouve dans la violence ethnique et l’absence de protection sous la forme de l’armée malienne, similaire à l’attaque précédente. A la même date au Cameroun, les soldats ont massacré au moins 23 civils dans un petit village de la région de Bamenda. Ce sont deux exemples, probablement lourds, de ce qui se passe dans les différentes régions, chaque jour. La violence oblige les gens à fuir et le nombre de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays augmente dans des proportions ingérables.

Oppositions

La violence dans les deux endroits est de plusieurs types : attaques des milices ; attaques des djihadistes ; attaques des militaires ; violence intergroupe et intragroupe, violence interpersonnelle et sexiste. Certains l’interprètent dans une dimension ethnique. Au Cameroun, les jeunes Ambazoniens qui luttent pour l’indépendance se battent aussi dans la division ethnique. Les attaques intragroupes, combinées aux incursions militaires, sont la violence dominante. L’accusation des jeunes Ambazoniens d’être des terroristes les rend enclins à des lois qui donnent à l’État une marge de manœuvre pour attaquer ces jeunes. Dans le cas du Mali/Burkina-Faso, il existe une forte narration selon laquelle les Fulanis sont plus visés que les autres groupes ethniques. Ce serait la conséquence de leur prétendue alliance avec les groupes djihadistes qui luttent pour la fondation d’un État islamique. C’est mauvais. Et cela devient pire avec les images de plus en plus nombreuses de violence laide. La violence est brutale, déshumanisante, tant sur le plan physique qu’au niveau des mots. Les personnes qui vivent ces violences recherchent une protection qui n’est pas donnée par l’État qui, au contraire, est devenu partie prenante de la violence. Sans cette protection, les gens chercheront à légitimer les guerres et à créer des discours pour expliquer pourquoi. Il s’agit souvent d’oppositions ethniques qui renvoient à des interprétations d’anciennes histoires (d’esclaves) ou à l’occupation des ressources des uns et des autres.

Demander de l’attention

Les jeunes se battent pour attirer l’attention sur les atrocités qu’ils voient et enregistrent chaque jour. Ils ne peuvent guère être en dehors de la dynamique de légitimation. Le président de la jeunesse de Taabital Pulaaku, une association culturelle défendant la culture des locuteurs peuls (et comme ils continuent à le souligner, multiethnique), a exprimé son souhait de changer les choses en montrant la liste des attentats du 25 janvier au 21 février 2020. Au cours de ces quelques semaines seulement, 110 personnes ont été tuées, 35 arrêtées et 3 blessées, toutes d’origine peul. La liste a été envoyée par les médias sociaux, accompagnée d’un message audio dans lequel la liste est lue par le président de la jeunesse de Taabital Pulaaku. Il est souvent présent dans les médias et ne cache pas sa position.

L’appel de Tabital Pulaaku jeunesse. Bamako, 22-02-2020

La responsabilité de qui ?

Les deux régions dont j’ai présenté les données dans ce blog, sont toutes deux victimes d’une guerre chaotique, sans centre clair, se transformant progressivement en une dynamique de guerre civile. Ce que certains appelleraient de « nouvelles » guerres, dans lesquelles les tactiques de guérilla, le terrorisme et le génocide deviennent le centre de la guerre et non des relations interétatiques. La violence noire devient une arme dans ces guerres, car l’inégalité des forces amène les groupes de combattants à chercher d’autres moyens. La violence n’est donc pas le fait du peuple, mais de ceux qui créent la guerre.

Le Sahel va mal : la population souffre, et crée des interprétations des violences qu’elle vit, pour pouvoir supporter la souffrance. Cependant, le contexte de la guerre, les luttes pour les ressources, les rapports de force mondiaux, les acteurs internationaux (ONU, USA, France, UE, G5), les leaders des guerres djihadistes (Etat islamique et Al Quaida), les Etats nationaux, ont institutionnalisé cette violence. Ils ont créé et perpétuent la « condition de violence ». Leurs appels à la paix et aux droits de l’homme et les rapports qui annoncent les problèmes, auxquels j’ai fait référence dans ce blog, sont pour le moins très contradictoires avec leur rôle dans la création de la condition de violence.