© SLAMeroun

Cette seconde édition a été une joyeuse fête des mots à laquelle ont pris part les slameurs du Cameroun, du Tchad et du Nigeria.

Le festival international Slameroun qui s’est tenu du 24 au 26 septembre 2020 à Yaoundé et à Garoua (Cameroun), a réussi son pari : proposer au public une semaine de festivités autour de la parole et des mots, en pleine pandémie, dans les villes de Yaoundé et de Garoua, sans que le coronavirus ait réussi à gâcher la fête. Le pari était audacieux car cette année la propagation du Covid-19 au Cameroun a des répercussions sur la tenue de nombreux événements culturels. « Il était presque inimaginable pour nous d’avoir des invités internationaux ou même de pouvoir se réunir, mais nous avons eu deux internationaux à savoir Basiru Amuneni du Nigeria et Djemi du Tchad et avec deux grosses journées remplies d'activités à Garoua. Le bilan est plutôt positif », se félicite Faithful Baana Enono Arnaud, directeur du festival Slameroun.

© SLAMeroun

© SLAMeroun

A travers son thème, « La femme dans l’art », cette deuxième édition du festival international Slameroun a permise de réfléchir sur la place accordée aux femmes dans le milieu artistique. Car peu importe son talent, force est de constater que la femme n'a pas toujours été admise dans le champ artistique comme "artiste" à part entière. A Yaoundé, un panel d’échange s’est tenu à la fondation Muna autour du thème « Les codes du féminisme », tandis qu’à Garoua l’Alliance française a abrité le second panel d’échange portant sur « La place de la femme dans l’art en Afrique ». A côté des ateliers d’écriture organisé au musé la Blackitude à Yaoundé et à l’Alliance française de Garoua, les organisateurs ont également  profité des spectacles pour valoriser et célébrer les femmes artistes engagées qui pensent et créent le monde de demain et rassembler des acteurs et citoyens pour découvrir, s’inspirer et construire ensemble une société plus inclusive et plus durable !

Parmi la vingtaine de slameurs invités cette année, les Slamazone étaient bien représentées à ce festival et elles étaient porteuses de messages forts. Les slameuses Djemi du Tchad, Raïssa Foletia et Stefy Vena de Buéa, Karolyn, ou encore Free T, se sont faites les porte-paroles de la gente féminine et ont slamer de toute leur âme sur la scène de l’Alliance française de Garoua. Elles ont dénoncé dans leurs textes les violences faites aux femmes par les hommes qu'elles ont mis au monde, le sexisme dont elles sont victimes et ont fustigés le silence coupable de la sphère publique face aux horreurs que subissent de nombreuses femmes en Afrique. Les textes de ses amazones laissaientapparaître la colère, ils racontaient l'incompréhension parfois, mais surtout l'espoir, l'instinct de survie, la foi en l'avenir.

© SLAMeroun

© SLAMeroun

Le contexte sociopolitique tendu depuis plusieurs mois au Cameroun n’a pas été ignoré par les slameurs Camerounais lors de ce festival car « le slam est peut-être une partie de la solution », confie Faithful. Face à tous ces aléas qui mettent à mal la paix et la cohésion sociale au Cameroun, le festival Slameroun a été un carrefour des vécus, un espace d'expression où les slameurs camerounais, affectés par la situation que traverse leur pays au NoSo ou encore à l’Extrême Nord, ont dénudé leur âme sans se dévêtir, et ont slameur avec ferveur afin de guérir le Cameroun de ses maux par la poésie.

Regardez les performances de Karolyn et Djemi: