© Mariusca Moukengue

Je suis Mariusca Moukengue artiste slameuse congolaise d’une vingtaine d’années révolue. J’ai initié depuis 2018 un projet de slam qui se propose de réparer des violences que connaît la couche juvénile et en particulier la gent féminine, appelé Slamunité. Comme l’indique le concept, ‘Slamunité’, est une expression artistique le slam qui prône l’unité. A travers mon art, je suis plus proche des enfants vulnérables, des enfants abandonnés à la rue et ceux qui ne sont pas scolarisés. Parce que j’ai bien conscience de la place de l’art comme thérapie dans la société, étant moi-même le fruit des vertus cicatrisantes que le slam m’a offert pour les blessures de ma vie !

Slamunité a été d’abord une idée d’une aventure artistique autour de l’oralité dans mon pays avant qu’on le pense panafricain et qu’en veuille à travers lui, faire la promotion du slam en milieu juvénile conflictuel à travers des ateliers, des rencontres et spectacles’’.  Je suis très soucieuse de voir la situation sociale de l’enfant car j’ai vécu dans un environnement dans lequel les enfants n’ont forcément pas un mot à dire, et souvent lorsqu’ils sont victimes de violences ou d’agression, ils sont obligé de faire silence par crainte d’être pointé du doigt.

© Mariusca Moukengue
© Mariusca Moukengue

Ainsi à Brazzaville capitale congolaise grâce au soutien de l’Union Européenne et l’Institut Français du Congo, j’ai puinitier des jeunes filles victime de violences sexuelles au slam en 2018 et en 2019, une façon pour moi non seulement de permettre à ces jeunes filles de sortir de leur silence mais aussi donner à ces dernières la possibilité de faire de cet art un métier pour en vivre. Avec « Slamunité des power woman » et « Slamunité Girls », nous avons pu favoriser d’un côté l’apprentissage du slam pour les plus jeunes et de l’autre redonner à cette couche vulnérable de retrouver la joie de vivre, dans un environnement viscéral.

« Slamunité est un concept novateur, une nouvelle expérience d’une vie artistique très enrichissante, nous donnons la parole aux jeunes restés trop longtemps silencieux. Faire place à la parole pour une jeunesse illuminée sur ses lendemains.’’, c’est cela tout le sens de mon engagement et celui de mon équipe sur ce projet. Oui mon équipe car un seul doigt ne peut nettoyer tout un visage. Nous travaillons avec le magazine culturel Africulturelle.com basé au Sénégal, qui nous accompagne depuis la 1ère édition, Zhu Culture, Les Courageux Kouloutch et Cleo Konongo, ainsi que Mbongui Art Photo dirigé par Zed Lebon Chansard .  

D’ailleurs, le projet Slamunité est d’une vocation panafricaine en ce qu’il vise à aller là où besoin se fera ressentir pour parler SLAM et au-delà des frontières continentales. Foumban au Cameroun, Lubumbashi en RDC, Dolisie et Brazzaville au Congo, ont déjà bénéficié de ce projet.

J’ai bien conscience que les défis à relever sont énormes, mais au-dessus de ma tête, le ciel est si infini. Il faut vulgariser le slam en milieu juvénile et veiller à ce que cet art puisse également contribuer à la croissance des plus jeunes et interpeller la conscience collective sur les questions de développement.

© Mariusca Moukengue
© Mariusca Moukengue
© Mariusca Moukengue

En ce moment, nous travaillons sur la prochaine édition de Slamunité avec le Réseau des Intervenants sur le Phénomène des Enfants en Rupture (REIPER) au Congo, pour fin octobre 2020. Les formations sont divisées en deux phases : une phase théorique et une autre pratique qui seront sanctionnés par un spectacle de restitution.

La violence, la tolérance, les agressions, la prise de parole en public, le développement personnel, l’entrepreneuriat juvénile que nous abordons dans nos ateliers. Mais pour cette édition-ci, nous allons nous focaliser sur la question de la protection des droits de l’enfant, et bien sûr, évoquer d’autres thématiques aussi. Je garde espoir que petit à petit la marche sera moins pénible. Comme un enfantement, mon équipe et moi sommes convaincus que le slam a des lendemains meilleurs. Par la même occasion, je vous remercie infiniment pour ce moment d’échange.