© International Crisis Group

Publié ce 22 janvier 2021, un rapport accablant met à nu l’armée tchadienne, connue pourtant d’être la meilleure dans la sous région. La lutte contre le terrorisme dans le Sahel est le point fort de cette armée. Le rapport Afrique n° 298 est signé par l’ONG International Crisis Groupe et est intitulé : « Les défis de l’armée tchadienne. »

Si on enlève l’armée au Tchad, il ne lui restera plus rien ! Dans ce pays où tous les indicateurs sont au rouge, le Tchad est dernier dans de nombreux classement en se qui concerne le développement, mais sont armée fait de lui un pays fort et puissant dans la sous-région. La bravour de cette armée a fait également payé au pays de lourdes tribus lors des affrontements avec les djihadistes au Mali et dans le Lac Tchad. Pour les partenaires du Tchad (Américains et Français), Idriss Deby est la solution à la crise sécuritaire qui sévit dans le Sahel, 30 ans déjà au pouvoir, entre temps. A l’intérieur du Tchad, il est difficile de parler de l’armée tchadienne, mais plutôt de l’armée du parti au pouvoir. « Acteur incontournable de la lutte anti-terroriste au Sahel, l’armée tchadienne est aussi une source d’instabilité potentielle dans son pays, surtout en cas de crise de succession si Idriss Déby devait quitter le pouvoir », martèle le rapport. Pour l’International Criss Groupe, « l’armée occupe une place centrale dans la gouvernance du président Déby et lui a permis de s’imposer notamment comme partenaire indispensable des pays occidentaux dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. »

Comme l’arbre qui cache la forêt, « la cohésion générale de l’armée est minée par des tensions communautaires, une absence de méritocratie et une différence de traitement entre troupes d’élite et autres soldats », souligne le rapport de Crisis Groupe. « Ces tensions, qui reflètent les divisions de la société tchadienne, pourraient mener à des luttes entre factions rivales et plonger le Tchad dans une crise sécuritaire et politique en cas de fin de règne soudaine ou de succession mal préparée du président Déby », prévient l’organisation. Et « le défi pour l’armée tchadienne est de rester une force capable de faire face aux menaces terroristes au Sahel tout en évoluant vers une institution plus représentative et professionnelle, afin de ne pas mettre en péril la stabilité du pays. »

Le groupe de réflexion International Crisis Groupe n’a pas manqué de faire de suggestions à l’Etat Tchad : « Dans ce but, les autorités tchadiennes doivent répondre aux mécontentements au sein de l’armée, diversifier et rendre plus transparents les processus de recrutement, permettre un débat public sur l’armée et lutter contre l’impunité de certains officiers (…) Enfin, des garde-fous doivent être soutenus par les partenaires du Tchad pour décourager d’éventuelles violences en cas de vacance du pouvoir. » Au Tchad, opposition et société civile n’ont pas manqué l’occasion de critiquer l’armée tchadienne qui est au service du régime et non de la république, des tchadiens selon eux. La nécessité de réformer le secteur et surtout de le rendre républicain est plus qu’une urgence. Maintenant, il n’y a pas une armée tchadienne. Il y a des militaires à la solde d’un président dictateur Idriss Deby Itno. Pour cela, il est temps de réformer cette armée afin qu’elle soit au service des tchadiens de façon générale, au service de la république du Tchad, et donc une armée républicaine – pour le peuple tchadien.

Le rapport complet de l’International Crisis Groupe à lire ici : https://www.crisisgroup.org/fr/africa/central-africa/chad/298-les-defis-de-larmee-tchadienne