La plupart des mouvements d’humeurs qui se succèdent ces derniers temps au Tchad et qui dégénèrent le plus souvent sont l’expression d’une frustration accumulée de la population. L’Etat, n’étant pas capable de créer un cadre de dialogue nécessaire à la résolution de ces problèmes laisse libre cours à la police d’arnaquer les citoyens, les réprimer, les tuer… Mais toutes ces bavures ne sont pas des signaux de la chute de Déby ?

La police nationale a pour mission de protéger les biens et les personnes dans la cité. Elle joue un rôle majeur dans la stabilité d’un pays. Le métier de policier a fini par perdre sa lettre de noblesse au Tchad, tant, les policiers brillent par la misère qu’ils infligent à la population. Le recrutement à la police se fait de façon douteuse au Tchad… La vie des tchadiens est confiée à des personnes de mauvaise foi. C’est d’abord des taxes imaginaires que les commissaires de police infligent aux citoyens, des arrestations arbitraires sur de bases de copinages qui se font. Mal formés, la grande partie des policiers deviennent des dangers publics au vu et au su de tout le monde. Mais ce qui est important, c’est que le peuple le sait. Il subit, mais pour combien de temps ?

L’accumulation de toutes ses frustrations a conduit le quartier Moursal de N’Djamena vers un mouvement d’humeur qui a fait couler les salives en ce depuis de mois de mai. Le 8 mai 2019, un jeune du nom de Mbaiguedem Richard trouva la mort à l’hôpital général de N’Djamena suite de torture des policiers, selon sa famille. Le tort du jeune était une bagarre entre adolescents avec un autre garçon dans un bar, une semaine plus tôt. Les deux jeunes furent interpellés et détenus au commissariat du dit quartier. L’autre garçon fut libéré après s’être acquitté de l’amende que lui inflige le commissariat, mais Mbaiguedem Richard, lui non, faute de l’argent. Le jeune homme croupit en prison, mais non seulement, il aurait subi de séances de tortures par les policiers. Il est sans ignorer que les conditions de détentions dans des prisons au Tchad sont déplorables. Le 7 mai, la police ne savant quoi faire de l’état de santé de Mbaiguedem Richard le relâche. Peine perdue, sa famille exige de la police des soignes de leur enfant. Chose faite, Richard fut conduit à l’hôpital, malheureusement il décède le lendemain.

La nouvelle de la mort du jeune garçon a mis tout le quartier moursal en ébullition. De jeunes, une centaine était sortie exprimer leur colère devant le commissariat. De pneus brûlés, des gaz lacrymogènes, des jets de cailloux. Toute la ville apprend la nouvelle désolante.

La scène était inénarrablement confuse le mercredi 15 mai 2019, jour de l’enterrement au cimetière de Toukra. La marée humaine qui conduisait le jeune Richard à sa dernière repos est plus qu’engagée à en découdre avec la police. Des check-points ont été brûlés par les jeunes, un motard a été également brûlé. La tension monte, des arrestations ont suivi. Jusqu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, les jeunes interpellés sont toujours en prison.

Comment peut-on arrêter une personne pour un problème qui n’est pas grave et la torturer jusqu’à la mort ? Cette pratique n’est malheureusement pas la dernière au Tchad. La manifestation des élèves contre le port obligatoire de casques de 2015  a été suivie par cette même bavure policière, où la vidéo des tortures des élèves circulait sur internet un moment.

Le mécontentement de la population tchadienne laisse croire que le ministère de la sécurité publique joue avec le feu. C’est ainsi que les tchadiens sont assis sur de braises. La réaction de cette population que l’on juge de fataliste est en train de prendre de la dimension. Beaucoup de jeunes se disent prêt à résoudre leur problème dans la rue. Comme il n’existe pas de justice équitable pour tous les tchadiens. Ainsi, cette police qui se croit tout permis est en train de précipiter la chute du président Déby, car lorsqu’un peuple est fâché, rien ne pourra l’arrêter.