#Malla_Gatétou, signifie littéralement en arabe tchadien “pourquoi vous avez coupé?” est le hash tag de cette campagne internationale initiée par l’Ong Internet sans frontière contre la censure de l’internet au Tchad. Une campagne lancée ce 19 janvier 2019.

Priver les populations des moyens de communications est l’apanage des « hommes forts » au pouvoir en Afrique, et particulièrement en Afrique centrale que ce comportement est monnaie courante. Le Tchad n’est pas à sa première censure d’internet, mais celle-là, il faut reconnaître qu’elle est la plus longue. C’est bientôt 10 mois que le pouvoir a privé les tchadiens de réseaux sociaux. Il faut faire recours au VPN pour accéder aux réseaux sociaux, chose qui est violation au droit à l’information.

C’est par une conférence de presse que la campagne a été lancée au Tchad. La première phase, appelée « acte 1 » commence par une mobilisation de masse sur les réseaux sociaux. C’est des messages de mécontentement contre la censure, la publication des affiches de la campagne que les internautes tchadiens ont utilisé comme moyen de transmission envers le gouvernement tchadien. Plusieurs personnalités tchadiennes se sont prononcées contre cette pratique, des activistes politiques, des artistes, des journalistes, des avocats, des hommes politiques, des tchadiens de la diaspora et des citoyens lambda.

Pour de raisons officiellement non élucidées que les réseaux sociaux ont été coupées le 28 mars 2018, le gouvernement tchadien avec la complicité des deux opérateurs téléphoniques Airtel et Tigo ont coupé le Tchad du reste du monde.  Cependant, de nombreuses actions ont été menées des mois passés par les activistes tchadiens et aussi deux avocats tchadiens qui ont même porté plainte contre le régime de Déby, mais rien n’a été fait.

En 2016, après une réélection de Déby fortement contestée par la société civile et les partis de l’opposition, puis le viol de la lycéenne Zouhoura, l’internet avait été coupées pendant des mois, ceci avait plongé le pays dans une atmosphère morose.

Ce 19 janvier 2019, une manifestation organisée par l’ONG internet sans frontière avait eu lieu à Paris avec des défenseurs de droits humains de par le monde. Des correspondances seront envoyées aux autorités tchadiennes pour une Internet libre et accessible à tous. La liberté d’expression et d’opinion, s’il faut le rappeler sont les fondements de la démocratie dans un pays qui se dit démocratique.

C’est un Tchad en solidarité avec les défenseurs du monde que cette campagne de 40 jours commence. Au Tchad, il y’aura dans les jours à venir des actions de grandes envergures. Cette grande mobilisation, si le gouvernement tchadien, et les compagnies téléphoniques s’entêtent à priver la population des réseaux sociaux risque de fragiliser l’économie tchadienne, au cas où il arriverait de mener des « journées sans téléphones ». Et il faut dire que les effets seront désastreux en l’occurrence sur les compagnies de téléphonie mobile.